Archives de catégorie : Indemnités

Plafonner les indemnités prud’homales, c’est profondément choquant

Parmi les 18 mesures présentées par le Premier ministre le 9 juin dans son « small business act » pour l’emploi dans les TPE et les PME figurent le plafonnement des dommages et intérêts versés aux prud’hommes en cas de licenciement injustifié et l’assouplissement des accords de maintien dans l’emploi. Le professeur de droit Pascal Lokiec revient sur ces deux dispositions.

La barémisation des dommages et intérêts versés aux prud’hommes existe déjà depuis la loi de sécurisation de l’emploi de 2013 de manière facultative. Pourquoi la rendre obligatoire ?

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Quand le plancher devient le plafond, c’est qu’on marche sur la tête – Le CPE pour Tous !

Le CPE pour Tous !

Par David van der Vlist, Avocat

 Le 9 juin 2015, quelques jours après le Congrès de Poitiers qui devait sonner le grand rassemblement de la famille socialiste autour d’objectifs ambitieux contenus dans la motion majoritaire telles la fusion de la CSG-CRDS (dénoncée par le Ministre de l’Economie signataire) ou encore la généralisation du CV anonyme (dont l’abrogation a été annoncée par le Ministre du Travail signataire), le Premier Ministre Manuel Valls, au retour d’un déplacement professionnel pour assister au match de foot à Berlin en compagnie de ses deux fils, a annoncé le plafonnement des dommages et intérêts en cas de licenciement injustifié, pour favoriser l’emploi dans les PME. On a beaucoup parlé du déplacement, peu de cette annonce qui marque la mort annoncée du droit du travail tel que nous le connaissons.

 Après modification, le plafonnement adopté par la Commission spéciale de l’assemblée nationale sera le suivant :

Capture

Pour sauvegarder les apparences, certaines catégories de licenciement sont exclues (harcèlement moral ou sexuel, discrimination, corruption, droit de grève, exercice d’un mandat par un salarié protégé, liberté d’expression, nullité du licenciement économique, …).

Tous les salariés sont donc concernés et 81 % des salariés sont dans les deux premières colonnes, c’est-à-dire les plus durement touchés.

Pourquoi cela pose problème ?

Savoir sécuriser la rupture conventionnelle du contrat de travail

Si la rupture conventionnelle permet de rompre aisément le contrat de travail, ce dispositif nécessite de s’entourer des plus grandes précautions, pour éviter un refus d’homologation et une remise en cause de la convention.

  1. Respecter le calendrier de procédure
  2. Verser une indemnité de rupture suffisante (cf calculatrice des indemnités de rupture)
  3. Tenir compte de la situation du salarié
  4. Établir une convention annexe
  5. Prévenir un litige

Par ailleurs, la rupture conventionnelle est parfois risquée, lorsque le salarié est dans une situation de protection : maternité, inaptitude, accident du travail ou maladie professionnelle,…

Depuis un arrêt du 30 septembre 2014 (Cass. soc. 30 septembre 2014, n° 13-16.297), il est possible de conclure une rupture conventionnelle en cas de suspension du contrat de travail pour accident du travail.

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Requalification de 242 CDD d’interim en CDI = droit à indemnités de rupture + rappel de salaires

Monsieur X, engagé par l’entreprise de travail temporaire Randstad, a été mis à disposition de la société Plastic omnium auto extérieur, équipementier automobile, du 23 mai 2005 au 3 juillet 2008 dans le cadre d’une succession de deux cent quarante et un contrats de mission en raison d’accroissements temporaires d’activité ou pour remplacer des salariés absents.

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Cour de cassation, 19 juillet 2014 n°13-12459 :

« Mais attendu qu’ayant relevé, d’une part que l’activité d’équipementier automobile est par nature soumise à un renouvellement permanent des produits fabriqués, les modèles de voiture évoluant durant leur période de succès commercial pendant quelques années avant d’être remplacés par d’autres, une telle évolution étant prévisible et anticipée, de sorte que le développement des commandes ou les commandes de nouveaux produits s’inscrivaient dans le courant normal de commandes de ce type d’entreprise et, d’autre part, que l’entreprise utilisatrice avait eu recours à l’emploi intérimaire dans une proportion importante de ses ressources humaines comme une variable d’ajustement susceptible d’assurer l’équilibre économique du marché, la cour d’appel, qui n’avait pas à procéder à une recherche ou à répondre à des conclusions que ces constatations rendaient inopérantes, par ces seuls motifs, en a exactement déduit que le recours au travail temporaire avait eu pour objet ou pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise utilisatrice ; que le moyen n’est pas fondé ; »

« Mais attendu qu’ayant relevé que la succession des contrats et le recours systématique au report possible de la date de fin de mission initialement convenue, sans délai de prévenance, avaient créé une confusion quant à la durée effective de la mission, de sorte que le salarié, qui ne connaissait les dates de début de mission qu’au fur et à mesure qu’il les effectuait, avait dû se tenir constamment à la disposition de l’entreprise utilisatrice, la cour d’appel en a exactement déduit que des rappels de salaires, dont elle a souverainement apprécié le montant, étaient dus par cette entreprise pour les périodes intermédiaires ; que le moyen n’est pas fondé ; « 

Mais attendu que la cour d’appel a relevé que la pratique de la société Randstad consistant à faire signer à son salarié une succession de contrats avec le recours systématique au report possible du terme de la mission avait entraîné une confusion quant à la durée effective de la mission et placé le salarié dans une situation de mise à disposition quasi permanente auprès de l’entreprise utilisatrice ; qu’il en est résulté une situation objective de précarité dont les deux sociétés sont responsables ; qu’elle a pu en déduire que la société Randstad, qui avait concouru par sa faute au dommage subi par le salarié, devait être condamnée in solidum avec la société Plastic omnium auto extérieur à en supporter les conséquences ; que le moyen n’est pas fondé ; »

Indemnité de licenciement, à vos calculettes !

Article présentant l’indemnité minimum légale de licenciement.

Puis expose par des exemples concrets les modalités de calcul de cette indemnité légale.

Lorsqu’un salarié est licencié, l’employeur doit alors lui verser une indemnité de licenciement.

Cette indemnité de licenciement due par l’employeur au salarié licencié découle :

  • soit du Contrat de travail, on parlera alors d’indemnité minimum légale ;
  • ou soit d’une Convention Collective, dans ce cas, il s’agira d’une indemnité conventionnelle.

Attention, il sera traité ici uniquement de l’indemnité minimum légale de licenciement. Concernant l’indemnité conventionnelle de licenciement, il est opportun de préciser tout de même qu’elle n’est applicable que si elle est plus favorable pour le salarié que l’indemnité minimum légale.

Autrement dit, le cumul de l’indemnité minimum légale et de l’indemnité conventionnelle de licenciement est impossible.

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Fichier Excel permettant de calculer les indemnités de rupture